in

On s’obstine à payer des consultations pour faire le point sur sa santé, alors que ce bilan est gratuit à quatre âges bien précis de la vie

Chaque année, près de 30 % des Français prennent rendez-vous chez leur médecin traitant simplement pour « faire le point » sur leur santé, sans motif particulier. Une démarche louable, mais souvent facturée entre 26,50 et 30 euros, parfois davantage chez un spécialiste. Ce que beaucoup ignorent, c’est qu’il existe désormais un rendez-vous dédié, spécialement conçu pour dresser un état des lieux complet, et surtout entièrement gratuit. Déployé depuis fin 2024 par l’Assurance maladie, ce bilan de prévention s’adresse à toutes les personnes se trouvant à l’une des quatre étapes clés de la vie. En pleine période estivale, alors que beaucoup profitent d’un temps plus calme pour prendre soin d’eux, ce dispositif mériterait pourtant d’être bien plus connu. Zoom sur une opportunité qui passe encore trop souvent sous les radars.

25, 45, 65, 75 ans : les quatre rendez-vous santé que personne ne connaît

Le principe est simple, mais son déploiement reste discret. Depuis la fin de l’année 2024, l’Assurance maladie propose à chaque assuré un bilan de prévention gratuit à quatre moments charnières de l’existence : entre 18 et 25 ans, entre 45 et 50 ans, entre 60 et 65 ans, puis entre 70 et 75 ans. Une logique loin d’être arbitraire : chaque tranche correspond à un basculement dans la vie, avec ses vulnérabilités propres. L’entrée dans l’âge adulte et ses premiers comportements à risque, le milieu de vie où les maladies chroniques commencent parfois à s’installer, le passage à la retraite qui bouleverse les habitudes, puis le grand âge où la prévention devient essentielle pour préserver l’autonomie. Concrètement, le rendez-vous dure entre 30 et 45 minutes et peut se dérouler avec un médecin, un infirmier, une sage-femme ou un pharmacien formé. Au programme : un échange approfondi sur les habitudes de vie, l’alimentation, l’activité physique, le sommeil, la santé mentale, les éventuelles addictions et, selon les âges, les dépistages recommandés. Rien à voir avec une consultation classique de dix minutes entre deux ordonnances.

Zéro euro à débourser, et pourtant les Français n’y vont pas

Voilà tout le paradoxe. Ce bilan est pris en charge à 100 %, sans avance de frais, y compris pour les personnes ne disposant pas de complémentaire santé. Aucun ticket modérateur, aucune surprise sur le relevé bancaire. Et pourtant, les chiffres de fréquentation restent en berne. Les professionnels de terrain évoquent un déficit criant de communication institutionnelle : beaucoup d’assurés ignorent tout simplement l’existence du dispositif. Les campagnes d’information sont restées confidentielles, éclipsées par d’autres priorités sanitaires. Résultat, ce rendez-vous, pensé pour toucher plusieurs millions de Français éligibles, peine à décoller. On observe aussi une forme de méfiance ou de désintérêt : certains estiment n’avoir « rien à signaler » et jugent la démarche superflue, alors même que la prévention est précisément conçue pour anticiper ce qui ne se voit pas encore. D’autres redoutent la lourdeur administrative, imaginant à tort un parcours du combattant. Un dispositif gratuit, sous-utilisé, qui pourrait pourtant alléger considérablement la facture santé collective… et individuelle.

Comment décrocher son bilan sans se perdre dans les démarches

Bonne nouvelle : les démarches sont bien plus simples qu’il n’y paraît. Trois portes d’entrée sont possibles. La première consiste à passer par Mon espace santé, la plateforme numérique officielle qui permet de repérer un professionnel formé et de réserver un créneau en quelques clics. La deuxième option, tout aussi valable, est de contacter directement un médecin, un infirmier, une sage-femme ou un pharmacien participant au dispositif. Enfin, le médecin traitant reste un excellent relais pour orienter vers le bon interlocuteur. Quelques conseils pour préparer au mieux ce rendez-vous : rassembler ses antécédents familiaux et personnels, lister les traitements en cours, noter les questions qui trottent en tête depuis des mois (fatigue persistante, troubles du sommeil, anxiété, changements physiques). Ce temps d’échange étant nettement plus long qu’une consultation habituelle, autant en profiter pour aborder les sujets sensibles souvent laissés de côté faute de temps. C’est aussi l’occasion de recevoir des conseils personnalisés en matière de nutrition, d’activité physique adaptée à son âge ou de gestes de prévention spécifiques.

Un dispositif gratuit existe à 25, 45, 65 et 75 ans pour faire un vrai point santé, mais sa méconnaissance freine sérieusement son adoption. La prochaine étape est finalement assez simple : vérifier si l’on entre dans une tranche d’âge éligible et réserver ce créneau avant qu’il ne tombe dans l’oubli, comme tant d’autres mesures de prévention avant lui. À l’heure où l’on parle tant du coût de la santé et du recul de la médecine préventive, ne serait-il pas temps de saisir cette main tendue par l’Assurance maladie ? Après tout, prendre soin de soi ne devrait jamais être une question de budget.

Source : Assurance maladie (Ameli).

Notez ce post

J’ai enchaîné mes marches à jeun tout l’été juste pour perdre du ventre : le matin où j’ai failli tomber sur le trottoir, j’ai compris ce que j’oubliais

Mon coach a toujours refusé de me laisser manger ce que je voulais après l’entraînement : j’ai ri pendant des mois avant de comprendre pourquoi il avait raison